Un nouvel échec pour la santé publique : à la santé des 49000 morts annuels provoqués par la consommation d’alcool (suite).

jeudi 26 novembre 2015
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Les craintes dont nous nous faisions l’écho dans un précédent article paru le 26 juin 2015 (lire ici) viennent juste de se concrétiser. En effet, l’Assemblée nationale vient d’assouplir la loi Evin (datant de 1991) qui encadrait notamment la publicité sur les boissons alcoolisées en adoptant définitivement et à une large majorité l’article 4 de la loi relative à la santé. Cet article modifie le code de la santé publique ; il stipule que : « Ne sont pas considérés comme une publicité ou une propagande, au sens du présent chapitre, les contenus, images, représentations, descriptions, commentaires ou références relatifs à une région de production, à une toponymie, à une référence ou à une indication géographique, à un terroir, à un itinéraire, à une zone de production, au savoir-faire, à l’histoire ou au patrimoine culturel, gastronomique ou paysager liés à une boisson alcoolique disposant d’une identification de la qualité ou de l’origine, ou protégée au titre de l’article L. 665-6 du code rural et de la pêche maritime. ». On peut relever l’acharnement de certains de nos politiques sur cette question puisque ces dispositions avaient déjà failli être adoptées lors de la première lecture à l’Assemblée nationale en avril puis dans le cadre de la loi Macron (le Conseil constitutionnel a annulé ce « cavalier » législatif) avant d’être réintroduites par le Sénat en septembre.
Cet épisode nous semble particulièrement révélateur de l’abandon de la démarche de santé publique dans notre pays, en particulier :
1. il ne tient pas compte de l’expertise scientifique et technique produite tant par de grandes institutions (OMS, OCDE, INVS, INPES, INCA... – voir notre article du 26 juin) que par les associations de lutte contre l’alcoolisme (le communiqué de ces dernières est éloquent : « La Bourse (des alcooliers) ou la Vie (de notre jeunesse) : les députés ont choisi !  », « une tache indélébile et une faute morale pour cette mandature  » - lire ici -)
2, des considérations économiques apparaissent prioritaires par rapport aux problèmes de santé
3, le poids des lobbies reste important, les lobbies viticole et publicitaire rejoignant ceux des laboratoires pharmaceutiques (médiator,...), des industries agro-alimentaires et chimiques (glyphosate, pesticides, perturbateurs endocriniens, sucres...), des constructeurs automobiles (diesel,...),...
Terminons par un petit florilège des débats parlementaires :
Jacques Valax (député du Tarn) :« Ne condamnons pas les vignerons au nom de l’hygiène et de la santé, alors que l’éducation et la connaissance du vin sont les meilleurs moyens de lutter contre d’éventuels abus. Nous devons donc permettre aux viticulteurs de vivre de leur métier, d’investir, d’embaucher et, surtout, de continuer à faire vivre nos territoires. »
Michel Piron (député du Maine-et-Loire) : « Là où l’abus est évidemment condamnable, l’usage du vin est, je le répète, hautement recommandable. ... Rappelant que bonum vinum laetificat cor hominis, je me permets de dire une nouvelle fois, madame la ministre, que réduire le vin à l’alcool est à tout le moins la marque d’une grande inculture. »
Julien Aubert (député du Vaucluse) : « Il ne faut pas confondre l’usage et l’abus car, madame le ministre, l’eau est un produit qui, à l’usage, ne pose aucun problème. Néanmoins, un abus d’eau, cela s’appelle une noyade, preuve qu’il y a bien une différence entre l’abus et le produit ! »
Elie Aboud (député de l’Hérault ; « Vous le savez comme moi, parce que vous êtes aussi une professionnelle de santé publique, beaucoup de méta-analyses, beaucoup d’études rétrospectives ont démontré d’une façon claire qu’une consommation modérée de vin, constante, avec des quantités bien définies, fait baisser la morbidité et, par la suite, la mortalité. Ce n’est pas une vue de l’esprit : de grands scientifiques l’ont prouvé.  »
Philippe Plisson (député de Gironde) : « La France de la légèreté, de la chaleur humaine, de la relation à l’autre, que des barbares ont agressée avec haine ce 13 novembre, est aussi dans ce verre de vin de Blaye, de Côtes de Bordeaux ou de Côtes de Bourg, que l’on déguste ensemble aux moments heureux de la vie. Ce verre de vin, c’est le fil rouge de la détente, du vivre ensemble, de tout ce qui donne de la douceur à la vie et fédère les relations humaines. ».
Pour conclure, jugeons avec Mme Touraine, notre ministre, « regrettable et triste qu’une grande loi de santé publique soit défaite ». Pour le moins !
Une consolation toutefois, les députés viennent d’approuver de justesse le paquet de cigarettes neutre (rejeté par les sénateurs). Les lobbies des buralistes et des grandes compagnies du tabac n’ont pas réussi leur coup malgré l’intervention de plusieurs députés (dont Julien Aubert et Elie Aboud, cités plus haut).


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mercredi 3 mai

Prolongation de la date limite pour l’inscription au concours de MISP 2017.
Un récent arrêté, paru au JO du 3 mai, prolonge jusqu’au 11 mai la date limite d’inscription au concours de MISP 2017 (voir ci-dessous).

Une nouvelle menace pour la santé publique

mercredi 12 octobre 2016

La nouvelle agence de santé publique ("Santé Publique France") vient de recevoir comme cadeau de naissance... une perte de 5 % de ses moyens financiers et humains pour 2017 alors même que les établissements qu’elle rassemble (INVS, INPES, EPRUS, ADALIS) avaient déjà subi d’importantes baisses de leurs budgets et de leurs effectifs ces dernières années. L’UNSA santé publique et le SNAPA (Syndicat national autonome du personnel des agences sanitaires) dénoncent cette mesure dans un communiqué de presse (lire ici).

Concours pour l’accès au corps des MISP

samedi 8 octobre 2016

Deux arrêtés, datés du 9 septembre, viennent de paraître aux journaux officiels des 16 et 23 septembre 2016. Le premier fixe les règles d’organisation générale et la nature de l’épreuve des concours pour le recrutement des médecins inspecteurs de santé publique ; le second autorise, au titre de l’année 2016, l’ouverture du concours.
Lire les arrêtés ici et et voir l’article ci-contre.
Les textes ont été complétés par une instruction en date du 5 octobre précisant les conditions d’organisation du concours. L’épreuve orale d’admission est fixée au 26 novembre. Attention à la date limite de dépôt des dossiers de candidature : le 26 octobre . Lire cette instruction. Pour tous renseignements : drh- concours@sg.social.gouv.fr.

Préparation au concours de MISP

mardi 27 septembre 2016

L’EHESP organise les 13 et 14 octobre prochains, une préparation pour le concours de recrutement de MISP 2016. Les modalités et les dossiers d’inscription sont mis en ligne sur le site de l’école www.ehesp.fr (lien ici).

Offre d’emploi l’ABM recrute.

vendredi 23 septembre 2016

L’Agence de biomédecine recrute un nouveau responsable de la mission d’inspection sur un contrat de détachement ou de mise à disposition d’une durée de 3 ans, renouvelables. La fiche de poste apparaît très intéressante et conviendrait particulièrement à un MISP. Le poste est à pourvoir au plus tard le 1er novembre 2016 ; c’est donc urgent.
Consultez ici l’offre d’emploi.